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Pour obtenir un bon accrochage des fruits c'est-à-dire assurer une bonne formation et fixation des fruits sur l'arbre, plusieurs techniques culturales peuvent être mises en place En faisant ces interventions techniques, nous pouvons optimiser l'accrochage des fruits des agrumes en général, assurant ainsi une récolte abondante et de haute qualité.
Les facteurs influençant l'accrochage des fruits
- La variété : Certaines variétés d'agrumes sont naturellement plus sujettes à la chute des fruits que d'autres.
- Les conditions climatiques : Des variations importantes de température, des gelées tardives, des vents violents ou des sécheresses peuvent provoquer la chute des fruits.
- La nutrition : Des carences ou des excès en éléments nutritifs peuvent affaiblir l'arbre et favoriser la chute des fruits.
- Les maladies et les ravageurs : Certaines maladies fongiques ou bactériennes, ainsi que certains insectes, peuvent attaquer les fruits et provoquer leur chute prématurée.
- Les traitements phytosanitaires : Une utilisation excessive de produits phytosanitaires peut perturber l'équilibre hormonal de l'arbre et favoriser la chute des fruits.
- en moyens préventifs qui se placent avant la floraison
- et, en moyens curatifs que l'on utilise quand la floraison est là.
Les techniques pour améliorer l'accrochage des fruits
- Choisir des variétés adaptées : Privilégier les variétés connues pour leur bon accrochage et leur résistance aux maladies.
- Maintenir une bonne fertilisation : Apporter les éléments nutritifs nécessaires à l'arbre en fonction de ses besoins et des analyses de sol.
- Irriguer régulièrement : Un arrosage régulier et adapté permet d'éviter les stress hydriques qui peuvent favoriser la chute des fruits.
- Lutter contre les maladies et les ravageurs : Mettre en place des programmes de surveillance et de traitement pour limiter les attaques.
- Éclaircissage : Supprimer une partie des fruits pour éviter une surproduction et favoriser la croissance des fruits restants.
- Réguler la croissance végétative : Une taille adaptée permet de maintenir un équilibre entre la croissance végétative et la production de fruits.
- Utiliser des régulateurs de croissance : Certains produits peuvent améliorer l'accrochage des fruits, mais leur utilisation doit être encadrée et réalisée par des professionnels.
Optimisation de la floraison des agrumes : enjeux et stratégies
Nous avons vu que les années à forte récolte sont suivies d'une année à faible floraison. Mais comment obtenir des fleurs derrière une forte récolte ?
Par une application de gibbérelline fin d'automne, ils réduisent la floraison derrière une année de faible récolte. Ils obtiennent alors une récolte moyenne, aisément commercialisable et qui n'a pas d'influence néfaste sur la formation suivante.
Il y a donc alternance au niveau de la brindille. On peut demander si l'alternance chez les agrumes n'est pas un phénomène général. Un arbre "Régulier" serait un arbre dont les pousses alternent successivement, et un arbre alternant celui dont les pousses alternent en même temps. On peut faire le même raisonnement à l'échelon d'une parcelle.
Une parcelle non alternante serait en réalité une parcelle dont les arbres n'alternent pas simultanément.
Cette solution, d'apporter une partie de la fumure en été, permet d'ailleurs de proportionner la fumure à la récolte. On fait en début de campagne, un plan de fumure en fonction d'une récolte potentielle avec répartition en fumure d'hiver et fumure d'été. Si les espoirs de récolte ne se réalisent pas, on peut faire l'économie de la fumure d'été et la pousse d'été sortira quand même.
Limites des solutions chimiques
Il n'existe jusqu'à maintenant aucun moyen chimique pour stimuler la floraison. Par contre, on sait réduire une floraison. Ce procédé est appliqué en Australie, sur Valencia.Par une application de gibbérelline fin d'automne, ils réduisent la floraison derrière une année de faible récolte. Ils obtiennent alors une récolte moyenne, aisément commercialisable et qui n'a pas d'influence néfaste sur la formation suivante.
Le rôle de la pousse d'été
Les observations ont montré clairement que la pousse d'été joue un rôle essentiel dans la floraison. Cette pousse d'été n'apparait pas sur les pousses de printemps fructifères de l'année.Il y a donc alternance au niveau de la brindille. On peut demander si l'alternance chez les agrumes n'est pas un phénomène général. Un arbre "Régulier" serait un arbre dont les pousses alternent successivement, et un arbre alternant celui dont les pousses alternent en même temps. On peut faire le même raisonnement à l'échelon d'une parcelle.
Une parcelle non alternante serait en réalité une parcelle dont les arbres n'alternent pas simultanément.
L'impact de la récolte sur la pousse d'été
Si la pousse d'été ne sort pas, c'est parce que la récolte la concurrence. Il semble que pendant l'été, le fruit ait la priorité sur la pousse végétative.Stratégies pour favoriser la pousse d'été et la floraison
Pour réussir un bon accrochage des fruits et avoir une sortie de pousses d'été, une solution largement adoptée en Espagne et au Maroc maintenant et consiste à donner un supplément de fumure en été pour alléger la concurrence des fruits et favoriser la sortie des pousses.Cette solution, d'apporter une partie de la fumure en été, permet d'ailleurs de proportionner la fumure à la récolte. On fait en début de campagne, un plan de fumure en fonction d'une récolte potentielle avec répartition en fumure d'hiver et fumure d'été. Si les espoirs de récolte ne se réalisent pas, on peut faire l'économie de la fumure d'été et la pousse d'été sortira quand même.
Ne pas avoir trop de fleurs
Nous avons vu qu'une trop forte floraison peut être la conséquence d'une faible récolte. Mais, c'est rare chez le clémentinier. Il y a en général, d'autres causes : chlorose calcaire, excès d'eau, maladie, en somme toute cause grave d’affaiblissement.Avoir des fleurs bien placées
Les fleurs placées sur un courant de sève trop puissant, ne nouent pas (voir théorie des niveaux 3). Bien que l'alimentation soit bonne, la pousse à priorité sur le fruit à la floraison et jusque fin Juin. Après, c'est l'inverse.Avoir des fleurs bien nourries
Suppression de fleurs en surnombre
Cette méthode est appliquée sur le poirier. Sur le Prunier, on peut éclaircir les fleurs par application de colorant nitré. Sur clémentinier, l'éclaircissage des fleurs est parfois pratiqué. On manque de données sur l'efficacité de cette technique. On sait surtout qu'elle est grosse consommatrice de main d'œuvre.L'incision annulaire
C'est la méthode la plus répandue depuis une vingtaine d’années. L’incision est en principe faite sur toute l'épaisseur de l'écorce, mais doit s'arrêter au bois. Elle est faite avec ou sans prélèvement d'écorce.Effets sur la circulation de la sève et la croissance de l'arbre
Son effet est d'arrêter le courant de sève élaborée qui descend vers les racines. La partie aérienne de l'arbre se trouve mieux alimentée et la chute est moindre.Affaiblissement de l'arbre et sensibilité aux maladies
Mais, cette suralimentation de la partie aérienne se fait aux dépens des racines et a pour conséquence un affaiblissement du système radiculaire, donc finalement de l'arbre entier. Il est d'observation courante que l'incision donne des résultats spectaculaires au cours de la ou des premières années et que par la suite elle n'a plus d'effet, ou plutôt un résultat contraire.Si on arrête l'incision, l'arbre peut récupérer doucement et on peut recommencer après quelques années. Mais les arbres soumis à un tel régime restent de taille réduite, sont sensibles à la gommose et la psorose et meurent précocement.
Les facteurs influençant les effets de l'incision annulaire
Il est évident que les effets néfastes de l'incision dépendent de son extension dans l'espace ou dans le temps. Les dégâts sont plus rapides si l'incision se fait sur tout le tour de l'arbre ou tout le tour des charpentières. Les effets de l'incision sur charpentières ou sur autres branches sont moins nocifs que sur le tronc car la vitesse de cicatrisation y est plus rapide.Conditions climatiques et culturales
Pour les arbres placés sur bons terrains en régions climatiques favorables à une pousse puissante, les plaies se referment facilement. Le courant de sève se rétablit, mais il reste toujours un frein résiduel. Chaque année, la nouvelle incision vient ajouter son frein à celle des années précédentes. A tel point que les arbres peuvent finir par se trouver en état d'incision permanente.Respect des bonnes pratiques
L'incision ne doit pas pénétrer dans le bois, sinon les vaisseaux du bois sont eux aussi sectionnés et la sève ne circule plus ni dans un sens, ni dans l'autre. Pour éviter cet accident, certains producteurs avaient mis au point des outils pour cette opération notamment une roulette à incision qui limitait la pénétration de la lame. A l'usage, cette roulette s'est révélée intéressante pour les écorces tendres, mais insuffisamment pénétrante pour les écorces dures.Cet effet est en plein accord avec la théorie des 3 niveaux. L'incision fait descendre la puissance végétative d'abord du niveau élevé défavorable au niveau moyen recherché. Puis la descente continue et l'arbre atteint l'étage inférieur, celui de trop grande faiblesse.
Les avantages de l'incision annulaire
Signalons cependant, que l'incision est une méthode efficace au début de son application, qu'elle a un effet favorable sur l'avancement de la coloration et la diminution du nombre des pépins.Si quelquefois le calibre baisse, c'est uniquement en conséquence de l'augmentation de la charge.
L'incision aurait son effet maximum juste avant ou juste après une irrigation ou une application d'engrais.
Limitation de l'utilisation de l'incision annulaire
Il apparaît que l'incision est une pratique dangereuse par ses effets long terme. On ne peut l'admettre à la rigueur que sur certaines branches, surtout celles qui sont destinées à une élimination prochaine.D'après la théorie des 3 niveaux, elle n'a d'intérêt que sur des branches trop vigoureuses, ce qui la limite à des rameaux verticaux puissants. Les branches qui sont déjà inclinées naturellement ou artificiellement n'ont pas à être incisées, puisqu'elles sont déjà à l'étage moyen. A fortiori, une branche qui est à l'étage inférieur n'a rien à gagner à être incisée.
Profondeur de l'incision, moment de réalisation
L'incision sera toujours une rayure et jamais un prélèvement d'écorce. D'après les études réalisées par plusieurs chercheurs, la meilleure méthode consiste à inciser une première fois à la chute des premiers pétales et une seconde fois vingt jours après, cinq centimètres au-dessous de la première. C'est là une pratique simple à retenir.Évaluation des risques et des bénéfices
En réalité, d'après ce que nous venons de voir, on peut nuancer. En Espagne, la seconde incision ne se fait que si on doit irriguer pendant la première chute. Au Maroc, on peut faire coïncider la deuxième incision avec une irrigation.
Le rôle des abeilles dans la pollinisation des agrumes
Il a été démontré que les abeilles favorisaient la nouaison du clémentinier, parfois dans de très larges proportions. Les Américains ont même observé qu'un arbre de la variété "Tangerine" voisine de la clémentine, ne donnait aucun fruit s'il était maintenu sous cage au moment de la floraison.Les abeilles agissent par apport de pollen qui est porteur d'hormones, sur le pistil. Leur action s'inscrit donc dans le cadre de la théorie hormonale, dont elle est une éclatante démonstration.
Augmentation du nombre de pépins
Il y a cependant, un inconvénient possible ; le pollen apporté peut venir d'autres espèces et être plus efficace que celui du clémentinier. On trouve donc normalement un peu plus de pépins avec les abeilles, surtout s'il y a des mandariniers ou des citronniers à proximité. Mais cette augmentation est faible et le nombre de pépins reste généralement très largement au-dessous du maximum toléré.Sensibilité aux insecticides
Les abeilles sont sensibles à la plupart des insecticides. Plusieurs acaricides sont présentés comme non toxiques pour les abeilles. Il est à notre avis préférable de ne faire si possible aucun traitement chimique pendant la floraison. Pour les acaricides, c'est relativement facile, on peut les placer avant la fleur.Pour les pucerons, c'est délicat. Ils peuvent n'apparaître qu'au moment de la fleur. Si on laisse le puceron se développer sur la fleur, celle-ci coule. On peut donc être pris entre deux feux. Dans ce cas, il faut absolument détruire les pucerons, choisir un des quelques insecticides non toxiques pour les abeilles (pirimicarbe, isolan), ou si on doit utiliser un produit toxique, il faut traiter de nuit.
Introduction de ruches : avantages et inconvénients
Même, si un exploitant n'introduit pas spécialement des ruches dans son verger, celui-ci est visité par un grand nombre d'abeilles en provenance de l'extérieur. On peut donc se demander si l'introduction des ruches est utile.Nos observations personnelles nous ont montré que le nombre d'abeilles était plus élevé lorsqu'on amenait des ruches sur le domaine.
Nombre de ruches nécessaire
Lorsqu'on amène des ruches, il est difficile de préciser le nombre à apporter, car il dépend de la population de chaque ruche. Comme les brise-vents sont quand même un certain obstacle au déplacement des abeilles, on conseille de placer une ruche par carré.Période d'activité des abeilles
Ce n'est pas parce que les ruches sont présentes que les abeilles auront forcément un effet positif. En effet, au-dessous de 16°C, elle ne sortent pratiquement pas. Entre 17° et 22°, il faut qu'il y ait du soleil. Au-dessus de 23°, elles peuvent sortir sans soleil.Difficultés liées à l'apiculture
L'introduction des ruches dans un verger de clémentinier n'est pas un problème simple. Il est difficile de trouver un apiculteur qui consente à louer ses ruches, étant donné les risques dus aux insecticides. Si on est soi-même propriétaire de ruches, il faut pouvoir assurer la nourriture des ruches en dehors de la période de floraison du clémentinier.
La Suppression de l'herbe
Concurrence entre l'herbe et l'arbre
Puisque la nouaison est une question de concurrence, on peut penser que tout ce qui diminue l'alimentation de l'arbre contribue à défavoriser cette nouaison. C'est dans cette optique qu'il est généralement recommandé de supprimer l'herbe au moment de la floraison.Importance de la suppression de l'herbe avant la floraison
Les fleurs sauvages entrent en concurrence avec le clémentinier, c'est donc une raison de plus pour supprimer l'herbe avant floraison.C'est également notre position de principe pour une question de prudence. En réalité, il faudrait analyser dans chaque cas si l'herbe est effectivement concurrentielle pour l'eau et les éléments fertilisants.
Emploi de la Gibbérelline
Actuellement, l'emploi de la gibbérelline est généralisé en agriculture.La gibbérelline est apparentée aux auxines et aux hormones. Son action s'insère dans le cadre de la théorie hormonale. Il semble qu'elle joue le rôle des hormones secrétées par les pépins dont l'un des effets est d'attirer vers le fruit le flux des réserves de l'arbre. Elle rend donc les fruits plus compétitifs.
Mais cette compétition s'exerce aussi bien vis à vis des racines que des feuilles, alors que dans le cas de l'incision la concurrence se manifestait uniquement vis à vis des racines. Il s'ensuit que la conséquence de l'action de le gibbérelline est la même que celle d'une récolte accrue. Il n'y a pas de déséquilibre et si la nutrition est maintenue, l'arbre ne s'affaiblit pas.
